16 avril 2026
Quelques semaines après son élection à Sélestat, l’équipe de Denis Digel a présenté ce mercredi 15 avril les orientations budgétaires de l’exercice 2026. Ces dernières doivent notamment faire face à une forte baisse des dotations de l’État, à hauteur d’un peu plus d’un million d’euros.
Les précisions de Denis Digel, maire de Sélestat, et de Jean-Pierre Haas, adjoint en charge des Finances :
C’est un budget particulier qui a été présenté par la nouvelle mandature sélestadienne. « 2026 est une année charnière. Il y a un mandat qui se termine, un autre qui débute. Il y a déjà des travaux qui ont été faits sur le budget 2026 par les services », évoque Denis Digel, fraîchement élu maire de Sélestat. C’est avec prudence que les nouveaux élus ont pris connaissance et participé aux derniers peaufinages du budget, d’un montant total de 39,8 millions d’euros, lors des dernières semaines. Une étape qui « pose les fondations » de ce qui sera proposé lors des six années à venir.
Principale difficulté de l’élaboration de ce budget : une diminution des recettes de fonctionnement. La Ville de Sélestat doit notamment encaisser une ponction de l’État à hauteur de 1,1 million d’euros, effectuée dans le cadre du redressement des comptes publics. « Un coup de tonnerre » pour Denis Digel, qui compte dans un premier temps « laisser passer l’orage ».
« Faire aussi bien avec moins »
Pour pallier ce manque de recettes, une réduction des dépenses de fonctionnement a été étudiée. « Chaque service a mis son grain de sel », explique Jean-Pierre Haas, adjoint en charge des Finances. Optimisation des frais ou encore départs à la retraite sans remplacement immédiat ont notamment permis d’économiser 900 000 euros par rapport au budget 2025. Un effort a également été réalisé au niveau des indemnités des élus et aucune hausse des taux d’imposition, en accord avec les promesses de campagne, ne sera appliquée cette année.
Malgré une augmentation de la dette de près de 2 millions d’euros en un an, l’endettement moyen par habitant (808 €) reste légèrement sous la moyenne des communes de la même envergure. Un nouvel emprunt de 2 millions d’euros devrait être effectué pour boucler le financement des projets en cours. Le niveau d’autofinancement est quant à lui d’environ 1,7 million d’euros.
7 millions dédiés à l’investissement
Pour cet exercice, le montant destiné aux investissements est prévu à la baisse. 7 millions d’euros devraient être mis sur la table, contre 8,9 millions en 2025 et 16,2 millions en 2024. Cette somme contribuera notamment à financer deux projets entamés par la mandature précédente : la poursuite des travaux de rénovation de l’église Saint-Georges (2,1 millions) et la construction d’un parking en ouvrage à proximité de la gare (2,3 millions).
Le chantier, d’un montant total de 4,8 millions d’euros, devrait débuter l’été prochain pour une durée de deux ans. Ce projet devrait permettre la création de 230 places de stationnement supplémentaires. La majorité précise également sa volonté de poursuivre les investissements en matière de culture, de sport et en faveur du cadre de vie.
Des choix contestés
Pour l’opposition, Caroline Reys regrette une « réduction drastique » des budgets annexes, alors que la contribution de la Ville de Sélestat diminuera respectivement de 5,7 %, 23,5 % et de 5,7 % pour les budgets des Tanzmatten, des Forêts et de la Bibliothèque Humaniste (contre une augmentation de 10 % pour la piscine des Remparts). La vice-présidente de la Communauté de communes Sélestat & Territoires s’interroge : « Pour ces établissements qui font la réputation de Sélestat, comment poursuivre une activité ambitieuse, un service public rayonnant, alors que chaque année, on les contraint à de nouvelles privations ? ».
Deux alternatives sont proposées par l’élue : l’augmentation des ressources fiscales et la remise en question des investissements, notamment celui du parking de la gare, qui ne bénéficierait pas aux Sélestadiens.
De son côté, Édouard Faller déplore un « arrêt brutal » des investissements. Dans l’idée de mener de nouveaux projets, l’élu d’opposition reprend ses arguments de campagne et suggère à la municipalité d’aller chercher des aides extérieures pour percevoir davantage de financements. Contacté, Thomas Estève n’a pas répondu à nos sollicitations.
Ces orientations budgétaires ont été présentées lors de la séance du conseil municipal de ce mercredi 15 avril, avant le vote définitif prévu le mercredi 29 avril.
Propos recueillis par Solène Martin / © Crédit photo : Franck Jehl

