Colmar : rencontre avec le nouvel imam, Sami TRIKI, de la grande mosquée


19 avril 2021

De gauche à droite : Wissame SAMAH, Sabra BENKHELIFA, Mehdi TOUDJI et l'imam Sami TRIKI

C'est le deuxième Ramadan en ce temps de confinement. Cette année vous avez pu mieux vous organiser. Certaines mosquées proposent des prières en visio. Comment va se dérouler ce mois du Ramadan pour les fidèles à Colmar ?

Pour les prières en visioconférence, c'est pas vraiment possible, puisque en Islam la prière en commun, elle se fait en présentielle. Ça veut dire qu'il faut que les gens soient présents, derrière l'imam. Il n'y a pas de prière qui se fait derrière un l'écran ou par la radio. Les gens posent beaucoup ces questions-là. À chaque ramadan nous avons des personnes qui ne peuvent pas se déplacer et qui nous demandent s'ils peuvent faire la prière en direct de la Mecque en mettant la chaîne de télé et en suivant derrière. Non, cela n'est pas possible et nous n'avons pas ce système. Même avec le COVID, les gens font la prière à la maison, malheureusement. On respecte les règles sanitaires, on respecte aussi le couvre-feu. Il y a deux prières dans la journée. Nous faisons la prière du Dohr (celle de midi) et Asr celle de l'après-midi. Les prières qui sont après le couvre-feu, celles entre 19h et 6h du matin, nous les prions à la maison. Pour la prière du Tarawih (la priere donc du ramadan) la prière rituelle, les gens essaient de la faire à la maison et ça permet a chacun de pouvoir s'entraîner à lire le Coran et asseyer de le terminer pendant ce mois sacré.

Est-ce que le COVID va changer la rupture du jeûne ? 

Oui, le COVID va changer la rupture du jeûne et il l'a déjà changé comme l'an dernier. Le mois du Ramadan est un mois de partage. C'est un mois où les gens s'invitent les uns, les autres. Lorsque nous avons connaissance de certains étudiants qui vivent seuls ou des gens qui sont venus sans leur famille de l'étranger qui travaillent sur Colmar, les fidèles de la mosquée ont l'habitude de s'inviter les uns, les autres, pendant le mois de Ramadan. C'est aussi l'occasion pour se réunir autour de la table avec la famille. Là, c'est plus possible puisque il y a le couvre-feu et que l'heure de rupture du jeûne est après le couvre-feu. Forcément, chacun reste chez soi mais faut positiver ! Ce que nous avons constaté l'annee dernière, c'est que ça (cf le mois de Ramadan) rapproche quand même les familles. Quand vous avez un père de famille qui est absent toute la journée parce que il doit aller travailler, ça lui permet de se retrouver avec sa femme et ses enfants et de pouvoir partager avec eux, de façon plus présente, le ramadan. Ça ressere des liens même si d'un côté nous perdons certains liens, nous nous rapprochons de liens plus importants.

Quel impacte a le couvre-feu ?

Le fait de ne pas pouvoir faire la prière du Ramadan, la prière de Tarawih. Ça pèse sur beaucoup de fidèles. Ils attendent chaque année la prière du Tarawih avec impatience. Il y a des pays qui l'on annulé et c'est vrai que ça enlève le côté traditionnel et important du Ramadan, le coté sacré surtout. Mais, comme je l'ai dis précédemment, ça permet aussi aux gens de pouvoir s'investir dans la lecture du Coran et d'essayer eux-mêmes de le finir et de l'apprendre, de réunir la famille derrière eux, parce que souvent certain membre de la famille ne vont pas à la Mosquée et là ça permet à tout le monde de pouvoir faire la prière ensemble. Il faut toujours prendre le caractère positif et essayer d'avancer avec. 

Avez-vous des conseilles pour bien appréhender ce mois ? 

Le meilleur conseil c'est la patience ! Le mois de Ramadan est un mois de la patience. Il faut savoir que le mois de Ramadan est la seule adoration en Islam qui ne se voit pas. La prière vous la faites en groupe, le pèlerinage ça ce fait en groupe, la Zakat les gens à qui vous l'a donné attestent que vous l'avez donné par contre une personne qui jeûne, personne ne peut savoir qu'il jeûne. C'est pour ça que Dieu a dit dans une de ces paroles "le jeûne est pour lui (cf le fidèle)",  c'est lui (cf Dieu) qui va le récompenser, personne ne connaît la récompense du jeûne à part Dieu. Pourquoi ? Parce qu'il y a cette sincérité, ce qu'il y a en plus comparé aux autres adorations. Personne ne peut empêcher quelqu'un de manger ou de boire. Il s'empêche lui-même. Ça veut dire qu'il a dû faire un effort, un travail spirituel pour se dire que Dieu le vois et donc c'est ce qui créé ce lien intime entre le créateur et la créature. Le meilleur conseil, c'est la patience ! Surtout en cette période avec le COVID, c'est là justement quand on entend les agacements de certains et certaines, c'est compréhensible, mais c'est justement là, qu'on doit faire preuve de patience. Quand c'est dur et quand c'est éprouvant, c'est là qu'il faut que la patience prenne le dessus. Nous devons apprendre à patienter. 

Nous sommes allés à la rencontre de fidèles sur Colmar. Comment vont-ils passer ce mois de Ramadan ? Quel impact aura le couvre-feu ? Quels conseils ont-ils à nous donner pour bien appréhender ce mois ? Ecoutons le micro-trottoir :

Sur Colmar, l'association MSADA distribue des colis alimentaires spécial Ramadan, à des familles. Que contiennent-ils ? Distribution tous les jeudis du mois de Ramadan, à 16h, au foyer Adoma (4 rue d'Amsterdam - 68000 COLMAR) Nous écoutons l'une des bénévoles de l'association :  

Grande mosquée de Colmar - 9a, avenue de Paris - 68 000 COLMAR - 09 62 26 96 15 - grande-mosquee-de-colmar.business.site

Propos recueillis par Sabra BENKHELIFA, Wissame SAMAH et Mehdi TOUDJI - © Crédit photo : Sabrina RONDEAU / AZUR FM