La parité au cœur des prochaines élections municipales. Lors de l’échéance de mars 2026, les communes de moins de 1 000 habitants devront pour la première fois proposer des listes paritaires. L’objectif de cette mesure est de renforcer la présence des femmes au sein des conseils municipaux. A la tête de ces derniers, moins de 20 % des maires sont des femmes. Alice Morel, maire du village de Bellefosse depuis 1977, revient sur son parcours.
Entretien avec Alice Morel, maire de la commune de Bellefosse :
La plus jeune maire de France. Pour revenir au début de la vie politique d’Alice Morel, maire de la commune de Bellefosse dans la Vallée de la Bruche, il est nécessaire de retourner quelques décennies en arrière. Son engagement a débuté en 1977 - date à laquelle Alice Morel a été élue pour la première fois maire de son village de 170 habitants - et se poursuit depuis maintenant huit mandats. Âgée de 21 ans, elle était devenue la plus jeune maire de France et figurait parmi les 3 % de femmes maires dans l’Hexagone à cette période. « Je crois que nous étions trois femmes maires dans le département », se souvient Alice Morel. Des chiffres qui ont largement évolué au cours des dernières années, mais qui peinent encore à atteindre la parité. Au lendemain des dernières élections municipales de 2020, près de 20 % des maires étaient des femmes.
L’engagement d’Alice Morel n’est pas passé inaperçu auprès de ses collègues masculins. « Quand on est aussi peu nombreuses, nos collègues nous regardent soit avec bienveillance, soit certains testent très vite nos compétences », confie-t-elle. Certaines remarques ont également été formulées. « Au départ, on me disait que c’était facile parce que j’étais célibataire. Ensuite, on m’a dit que c’est facile quand on est mariée et que l’on n’a pas d’enfant. Puis, on a un, deux et trois enfants, et finalement on arrive à être engagée et à mener en parallèle une vie de famille ». Pour la maire de Bellefosse, tout est finalement une question « d’organisation ».
Aujourd’hui, la parité tend à s’appliquer peu à peu au sein des conseils municipaux. En 2020, ces derniers étaient composés à 42,4 % de femmes. Dès les prochaines élections municipales de mars 2026, ce pourcentage devrait s’approcher d’une parité parfaite avec l’application d’une nouvelle loi imposant des listes paritaires au sein des communes de moins de 1 000 habitants. Cette mesure s’applique déjà aux autres communes françaises. Mais dans les conseils communautaires, composés majoritairement des maires des territoires concernés, les choses ne sont pas aussi simples. Dans la Vallée de la Bruche, seules trois des 26 communes sont dirigées par des femmes. En ajoutant les autres représentants, le nombre de femmes conseillères communautaires est de 16 sur 49 membres. « Il y en a dix (femmes, ndlr) qui sont issues des communes de plus de 1 000 habitants, là où la parité est déjà obligatoire. On voit bien qu’une loi sur la parité donne un vrai coup de pouce pour permettre à des femmes d’être davantage présentes », appuie Alice Morel.
En plus des dernières lois sur la parité, l’évolution de la société engendre également davantage de facilités selon Alice Morel. « La vie familiale s’organise aussi avec nos maris et nos familles. Nous avons dans nos communes des structures pour s’occuper de nos enfants. Les périscolaires se sont développés. Nous sommes peut-être plus aidées en 2025 pour mener en parallèle une vie familiale et une vie d’engagement public », explique la maire de Bellefosse. Sa passion pour la politique, Alice Morel en a finalement fait une histoire de famille. Son goût pour l’engagement a été transmis à sa fille, Louise Morel, aujourd’hui députée de la 6e circonscription du Bas-Rhin (Molsheim).
En 2026, Alice Morel souhaite poursuivre cet engagement en briguant son neuvième mandat de maire. Dans cette même thématique, retrouvez également les portraits de Marie-Paule Gay, maire d’Aubure, et d’Arlette Bradat, maire de Weckolsheim.
Propos recueillis par Solène Martin / © Crédit photo : Document remis