Une autre vie s'invente ici

De juin à décembre 2021, les radios associatives situées sur le territoire du Parc naturel régional des Ballons des Vosges diffuseront la quatrième édition des chroniques radiophoniques « Une autre vie s’invente ici ». Azur FM, Cocktail FM, Résonance FM et Radio des Ballons invitent leurs auditeurs à découvrir les actions innovantes et solidaires qui participent aux changements de demain !

1. Parole pour agir

2. La goutte d'eau 

3. Thannenkirch

4. Collectif d'habitants et amis de Kalbach

5. Les vergers de la biodiversité avec l'association Vivre et Agir à Linthal

1 - PAROLES POUR AGIR, AVEC L'ASSOCIATION ALTERNATIBA-SOULTZ

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Une pièce de théâtre pour interpeller le public sur les problèmes climatiques, les problèmes environnementaux, c'est une nouveauté. C'est du militantisme sur les planches, du théâtre engagé. On en parle avec Joseph Weigel et Alain Diot.

Alternatiba est une association qui agit et milite depuis pas mal d'années sur les questions liées au dérèglement climatique et essaie de lutter, face au déni qui peut s'emparer de toute personne, face aux aspects un peu dramatiques qui, parfois sont présentés avec le dérèglement climatique et de l'illustrer par le fait qu'il y a des solutions, qui peuvent nous faire être heureux de vivre, de partager des choses ensemble. Pas forcément d'une société de consommation comme celle qui est là aujourd'hui. Dans ces événements, ou ces actions, que nous menons depuis des années on se rend compte que, souvent, ou parfois, il est difficile de s'adresser à tout à chacun et qu'on peut être amené à faire de l'entre-soi. L'idée qui est apparue chez nous, c'était de dire, « allons vers les gens ». Maintenant qu'on a décidé d'aller voir les gens, comment va-t-on faire pour les intéresser ? On va leur donner un dépliant, mais est-ce qu'on aura atteint nos objectifs ? Et donc voilà, le théâtre, une façon plus originale de venir en face des citoyens, pour les amuser et les interpeller.

Ça, c'est important de les amuser, c'est le côté de burlesque, de dédramatiser une situation catastrophique quand même… Mais il faut quand même le dire un moment, que c'est catastrophique.

Mais absolument. Le théâtre et en particulier dans les formes de burlesque permet une certaine distanciation par rapport à la tragédie. Donc, en même temps, on amuse le public mais, tout en l’amusant, on tente aussi de lui faire prendre conscience de certaines choses. Donc c'est pourquoi nous avons choisi donc une forme théâtrale burlesque, de rue, donc ce n’est pas du théâtre de salle. C'est une action qui se passera dans la rue, sur des places, des lieux où l'on rencontre les gens. Le but étant, essentiellement, d'aller à leur rencontre, puis, dans un deuxième temps, de leur donner la parole.

Quel est le lien entre l’art et la sensibilisation ?

Je pense le théâtre a toujours été un art très politique. Le fait de pouvoir traiter de tout, justement avec cette distanciation, fait que le rôle de lien social, de réflexion culturelle, cette dimension culturelle, va être un aspect essentiellement politique. Et ce, depuis l'Antiquité…

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2 - LA GOUTTE D'EAU : Une épicerie solidaire et participative créée par l'association Vallée de Munster en Transition

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La Goutte d’Eau, est une nouvelle épicerie solidaire, qui a récemment ouvert ses portes à Munster. Grégory Baïotto, pouvez-vous présenter ce projet ?

Le projet de la Goutte d'Eau, il a deux, trois ans d’antériorité à peu près. On a commencé à l'échafauder avec un groupe de l'association Vallée de Munster en Transition (VMT) qui souhaitait s'intéresser à la question de l'agriculture et des circuits courts. Environ deux ans après, avec un petit groupe de mordus, du coup, de VMT, qui voulait absolument monter quelque chose dans cet esprit-là, on a décidé de partir sur le principe de l'épicerie participative et solidaire.

Qu'est-ce que c'est une épicerie solidaire et participative ? Comment ça fonctionne ? Est-ce que c'est une vraie épicerie, est-ce que tout le monde peut venir ? Quelles sont les conditions pour pouvoir venir faire ses courses ici ?

On est effectivement une épicerie participative c'est-à-dire qu’elle est réservée aux adhérents, donc adhérents de l'association Vallée de Munster en Transition, mais ouverte à tous, dans le sens où il y a simplement un droit d'adhésion et qui est 12 € par an, donc, une somme modique. En fait, ça implique que chacun vienne partager du temps pour l'autogestion en fait de l'épicerie. Donc, fonctionne comme une épicerie classique, par contre on fait tout. Donc, on s'occupe des approvisionnements, on s'occupe des finances, on s'occupe de la communication, des événements aussi qu'on fait sur place. Et chacun, du coup, vient faire ses courses, sauf qu’on n’a pas de client. On n'est pas un commerce, on est une espèce de gros groupement d'achat, qui fait que, chacun peut venir ensuite récupérer ce qui l'intéresse dans le stock qu'on a acheté en commun.

Où vous fournissez-vous ? Quels labels privilégiez-vous ? L’idée c’est de ne pas acheter de la nourriture qui va venir de Guyane par exemple, on va regarder pour prendre ce qui vient de pas trop loin ?

C'est ça, on n’a pas de bananes encore. Mais ça viendra peut-être, du coup, avec les changements climatiques. On essaie de travailler sur des circuits courts, donc on s'est donné une limite de 130 à 150 km maximum. On travaille aujourd'hui avec un peu plus d'une vingtaine, presque une trentaine, de producteurs du coup en direct et on est sur le label Agriculture Biologique. En essayant de travailler avec différents labels complémentaire, type Déméter, par exemple. Mais on reste sur du certifié bio dans un premier temps. Et on travaille aussi avec une grosse centrale d'achat, qui est en Allemagne, mais qui reste juste de l'autre côté de la frontière. Donc, dans la limite de notre circuit court. Pour tous les produits qui viennent d’un petit peu plus loin, on essaie de rester dans la zone UE de proximité et puis de vérifier aussi un petit peu la qualité du travail et les labels associés à ces marchandises.  

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3 - THANNENKIRCH : Projet collectif de reconquête agricole et paysagère des espaces péri-villageois

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A Thannenkirch, un collectif d'habitants, accompagné par l'association Terre de Liens, veut lutter contre l’enfrichement et la disparition progressive des parcelles agricoles. On en parle avec Fred Liénard. Quel est le constat à Thannenkirch, par rapport aux années 90, ou même avant, quant à la pression foncière sur les ex-terres agricoles et au niveau de l’enfrichement ?

A Thannenkirch, l’enfrichement est là sur un nombre conséquent de parcelles. On a aujourd'hui une partie des terres qui sont entretenues par un agriculteur de la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines qui fauche les terrains, c'est une action qui limite l’enfrichement sur les grandes prairies, les plus beaux près du village, notamment le Schilling et les Rochants, mais il y a encore nombre de terrains qui sont en déshérence, voilà on peut dire le mot, depuis maintenant 30 ou 40 ans réellement. Et donc, sur ces terrains-là on voit l’enfrichement grandir par étape. D'abord des genêts, puis après on a de jeunes arbres qui commencent à pousser. Et là on perd, vraiment, de la surface agricole, de la surface de prairie, de l'espace ouvert. Donc ça crée une vraie fermeture du paysage, qui est dommageable à plusieurs niveaux. Qui est dommageable, évidemment, pour la beauté du site, l'attractivité du village et aussi en terme de biodiversité. Il faut savoir que ces prairies de montagne, ne sont pas naturelles, elles ne sont pas arrivées là par magie. Elles sont un héritage culturel et agriculturel qui est séculaire. Au fil du temps, on voit très bien sur des vieilles photos, les premières photos du début du 19e siècle, prises depuis des ballons aérostatiques, on voit très bien à quel point les zones des surfaces, qui sont aujourd'hui des surfaces forestières, étaient exploitées sur certainement deux ou trois fois plus d'hectares qu'aujourd'hui. Nous, on a comptabilisé, dans la veille foncière qu'on a pu faire avec Terre de Liens, 105 hectares de terres agricoles. Le projet, qui nous intéresse aujourd'hui, concerne 26 hectares de ces terres agricoles. Donc, c'est un projet qui reste quand même raisonnable, ça c'est sûr. Tout ça pour dire, qu’aujourd'hui, cet enfrichement, il faut arriver à l’endiguer, pour préserver nos paysages, pour préserver cet héritage agricole et culturel et pour préserver la biodiversité. Biodiversité, en terme de fruitiers, d'arbres, en terme de fleurs, d'insectes… A chaque milieu, ses espèces. Mais c'est important d’arriver à préserver tout ça. D'avoir, globalement sur le village de Thannenkirch, trois zones clairement identifiées. Une zone urbaine, urbanisée, le village, le bourg. Des terres agricoles en périphérie de ce bourg, des prairies, des vergers, de fauche, ou avec du pastoralisme. Et puis des espaces de forêt. C'est ça qu'il faudrait arriver à réhabiliter pour redonner du dynamisme à tout ça.

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4 - ATELIER "BASSE TECHNOLOGIE" ET ECHANGES DE SAVOIR-FAIRE SUR LES GESTES PREMIERS ET L'ARTISANAT AVEC LE COLLECTIF D'HABITANTS ET AMIS DE KALBACH 

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Le collectif d'habitants et amis de Kalbach, c'est un projet qui est né il y a déjà un an. Pauline Thomann, l'objectif, au début, c'était de récupérer un lieu pour faire de la basse technologie revenir à des savoir-faire ancestraux ?

 

Alors, plus que de récupérer un lieu, c'est vraiment de pouvoir valoriser un lieu qui a de fort potentiel, sur les hauteurs de Munster, qui se situe vraiment tout proche de la forêt. Et en même temps, il y a des activités agricoles et des Hommes qui habitent. Et du coup, c'est un lieu, à chaque fois qu'on l’on y monte et qu'on y passe du temps, on a envie d'y rester. Donc, on s'est dit, avec le collectif, que ça serait intéressant de pouvoir partager le lieu et en profiter pour faire part de nos compétences, pour échanger sur nos savoir-faire. Et donc, ils sont assez nombreux là-haut puisqu’on a un charpentier, on a quelqu'un qui sait travailler le cuir, des cuisinières et donc un souhait vraiment de pouvoir revenir à ces gestes premiers, avec des ateliers.

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On va parler basse technologie, qu'est-ce qu'une basse technologie, une « low tech », si on dit des gros mots. Est-ce qu'il y a un mot pour dire basse technologie en alsacien d’ailleurs ?

Je ne suis pas alsacienne, donc pas encore capable d'avoir ce genre de référence, mais c'est vraiment de pouvoir revenir à des gestes premiers comme se nourrir, reconnaître des plantes et fabriquer des choses, des instruments, des outils et cetera, sans utilisation d'électricité ou de ressources pétrolières et autres. Donc, c'est comment fabriquer des choses avec du feu ? Comment, même, faire du feu ? Et revenir à ces choses-là.

Pourquoi revenir à ces gestes premiers ? Ce que l'on fait actuellement ne vous plaît pas ?

Et bien, en tout cas, ce qu'on fait actuellement, a augmenté, vraiment, la chaîne de transformation entre, même aujourd'hui, un produit que l'on cultive et un produit que l'on mange, il y a toute une chaîne de distributeurs de transformateurs et autres. Ce qui fait que, des fois, on oublie même l'origine d'un produit ultra transformé, qu'on retrouve dans notre assiette. Ou, plus simplement même, un vêtement qu'on met tous les jours, on ne sait même pas comment il a pu être cousu, avec quels matériaux. Et donc, c'est dans ce sens-là qu'on parle de revenir, c'est de reprendre conscience, que tout ce qu'on mange, comment on se vêtit, les outils, qu'on utilise peuvent être fabriqués ici en France, ici chez nous. Et même par n'importe qui, qui n'aurait pas appris cela dans son enfance.

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5 - Les vergers de la biodiversité avec l'association Vivre et Agir à Linthal

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Avec l’association Vivre et Agir à Linthal (VAL), vous vous êtes récemment lancés dans un nouveau projet, les vergers de la biodiversité. Quel est l’objectif et la genèse de ce projet, Isabelle Martin ?

Deux entrées. La première, c'était la veille de l'assemblée générale, j'écoute la radio, j'entends Stéphane Bern qui parle du patrimoine et du Loto du patrimoine et il me vient l'idée du patrimoine, des vergers, des Prairies, qui ne font pas souvent l'objet d'intérêt et c'est l'occasion de se lancer. Et, parallèlement, on a un ami qui est paysan sur Linthal, Frantz Baumann qui s'occupe de pensées sauvages. Il est donc connu et reconnu, qui a l’idée d'engager un projet de pépinière à l'entrée du village, et il y a un terrain qui est mis à sa disposition par Monsieur Hess et il va commencer à installer 150 greffons et donc, ça commence comme ça.

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Ensuite, est venu tout un processus d'apprentissage pour vous dans cette nouvelle activité, bien que vous ayez déjà quelques activités votre actif avec l'association VAL, il a fallu se former pour mettre les mains dans la terre.

Totalement. Alors, là on part vraiment de rien et on va vouloir apprendre. Donc, on va se rapprocher de gens qui ont déjà expérimenté ce type de projet, on va se déplacer dans les environs, on va rencontrer des gens passionnés qui vont nous donner quelques outils techniques, d'identification des fruits. Comment est-ce qu’on repère telle essence, comment est-ce qu'on plante, pourquoi est-ce qu’on plante de cette manière ? On va parler des vergers école, des prés verges, des différentes tailles, des basses tiges, des moyennes tiges et des hautes tiges et pourquoi choisir tel ou tel arbre, qu'il faut aussi veiller à la biodiversité. C'est aussi un de nos enjeux. Ça veut dire que ce n’est pas un terrain vierge de toute vie, bien au contraire. On va garder sur place les arbres morts pour en faire des nichoirs, des perchoirs, des hôtels à insectes… Et c'est aussi notre objectif : c'est bien sûr la biodiversité, pas uniquement les vergers.

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Parlons de biodiversité justement, vous avez planté des essences locales. Pourquoi l'avoir fait ainsi ? Et surtout, pourquoi n'avoir pas eu l'idée de planter des bananiers en Alsace ?

Le principe même, c'est de retrouver les essences locales, le plus près possible. L'observation qu’a faite Frantz Baumann, c’est que, grosso modo, il y a deux générations qui ont sacrifié, par manque d'intérêt, ces vergers. Et donc, le but c'est de leur redonner vie. Donc lui, il a commencé récolter quelques essences locales, de sa « pampa », comme il l'appelle et ça a été le démarrage des greffons. On a rajouté aussi, des greffons qui nous viennent des arboriculteurs de Guebwiller, qui ont aussi travaillé beaucoup sur ce sujet…

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